
La petite histoire:
Gonzales lit des comics, veut devenir un méchant de BD et joue sa musique pour contrôler les esprits. Gonzales est parfois moustachu mais toujours dérangé. Un mec complètement barré, habité par ce genre de folie tourbillonnante et créatrice qui touche tout sur son passage sans rien laisser indemne. Mais pour ce Gonzo là c'est avant tout une histoire de rencontres. Je crois que je me souviendrais longtemps de ma première rencontre avec Gonzales. Le nom ne me disait rien et la description qu'on m'en avait faite me rebuter plutôt qu'autre chose. A l'époque j'écoutais volontier la musique pour adolescent boutonneux et rebelle, le pseudo rock des surfeurs branchés. Le
choc culturel et musical fut donc monumental lorsque les premières notes de Presidential Suite,
du hip hop teinté d'électro, atteignirent mes oreilles. L'album m'amusait mais je ne l'aimais pas vraiment, je l'ai donc rangé négligemment dans un coin de ma chambre en pensant qu'il pourrait servir en cas de grosse déprime. Je l'ai ressorti un ou deux ans plus tard et je me suis rendu compte à quel point mes goûts avaient pu être merdiques et ma connerie immense. J'avais failli passer à côté d'une
pure merveille, un géni de la musique. Maintenant je lui voue un véritable culte pour réparer mon erreur.
La musique de Gonzales est le fruit de la rencontre entre plusieurs genres totalement différents, le classique avec le hip hop, l'électro avec le jazz, le rap avec la pop. Il est presque impossible de mettre un nom à sa musique, certains appellent ça de "
l'électro rap cabaret" d'autres "
électro-pop" ou encore "
cabaret dada", tout y passe.
Chilly Gonzales, comme il aime se faire appeler, mélange habillement et savamment les genres avec humour et auto dérision comme l'attestent ses textes. Mais comme tout le monde le sait la musique se partage et plus on est de fous plus on rit. Le canadien l'a bien compris et dans son histore de rencontres il y a celle d'un géni (n'ayons pas peur des mots) avec d'autres artistes très doués. Je pense évidemment à
Peaches et
Mocky avec lesquels il formait le groupe
The Shit. Maintenant il travaille toujours avec les membres de son ancien groupe mais pas seulement. Il collabore aussi avec
Feist, Jane Birkin, le rappeur
Teki Latex, les allemands de
Puppetmastaz et ne manque pas non plus d'inviter une bonne floppée d'artistes sur ses albums comme il l'a fait pour
Z, sorte de best of remixé et réarrangé de ses trois albums. L'amie Feist y apparaît mais Peaches,
Taylor Savvy,
Louie Austen,
Princess Superstar,
Guesh Patti et
Salvadi sont aussi de la partie et apportent leur grain de sel à des musiques déjà bien épicées.
Gonzales est présent là où on ne l'attend pas, va de surprise en surprise en donnant de belles leçons de musique à ceux qui s'entêtent à dire que les genres ne se mélangent pas. Il serait dommage de passer à côté d'une telle
perle.So Called Party Over ThereThe Joy Of ThinkingBermuda Triangle